Secrets et bienfaits de la respiration nasale.

    Parlons de la bouche avant de parler du nez :

    La bouche sert à l'ingestion des diverses nourriture. A l'expression verbale. A l'expression de l'affection et de l'amour...

    La bouche peut respirer aussi. Surtout en cas d'urgence. Quand les voies nasales sont obstruées. Quand il y a un effort violent et / ou persistant à produire.

    La respiration est le phénomène essentiel de la vie, et elle est aussi individuelle que le sont les empreintes digitales. Elle révèle notre état de santé physique et moral.

    La respiration est à la fois inconsciente et volontaire. Chacun peut accélérer, ralentir, suspendre momentanément sa respiration, et aussi en augmenter ou diminuer l'amplitude.

    Au point de vue de la santé générale et aussi sur le plan "prânique" que nous verrons plus bas, une différence respiratoire dans l'une ou dans l'autre narine, quelle soit partielle ou totale est fâcheuse pour le bon fonctionnement des poumons.

    En sport, on se sent obligé de souffler par la bouche, pensant acquérir un certain niveau de performances souvent imposé par des phénomènes de mode. Du fait, une dualité s'installe en soi, à savoir le divorce corps-esprit.

    D'un côté, il y a le corps physique que l'on veut malléable au possible, et de l'autre un mental orgueilleux et tyrannique qui s'y trouve prisonnier.    

    On se "remue". On s'impose d'intenses efforts physiques. On souffle par la bouche en croyant éliminer tout ce qui fait obstacle aux transformations fantasmatiques désirées. Alors, non seulement, il va y avoir brutalisation des délicats tissus plumonaires mais aussi, en respirant par la bouche, contrairement à ce que l'on pense faire, on va aérer insuffisamment les poumons et avacuer l'air de façon imparfaite, d'où un résidu d'air vicié impropre à l'oxygénation du sang, et occupant un espace respiratoire rendu indisponible. L'asphyxie va, alors, nous guetter. Sur un autre plan, la bouche n'ayant pas de "nâdi" du souffle, la respiration prânique que propose le yoga sera défectueuse, entraînant une diminution de la vitalité avec des effets particulièrement marqués sur les facultés intellectuelles...

 

   Parlons du nez maintenant  :

   Le nez est un organe possédant énormémént de terminaisons nerveuses.

   Ces terminaisons nerveuses sont en correspondance avec notre cerveau et toutes nos fonctions internes.

   Respirer en vivant le frottement de l'air au contact de toutes ces terminaisons nerveuses devient une réelle réflexothérapie qui relance santé et vitalité.

   Les terminaisons nerveuses du système olfactif sont elles-mêmes en connexion avec notre cerveau primitif le "rhinencéphale" lié à l'instinct et à l'intuition.

   La pratique d'une respiration fine, consciente et vibrante stimule en nous par le biais de ces terminaisons nerveuses, l'épiphyse (appelée aussi 3ème oeil).

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   A l'intérieur des fosses nasales, sur les parois latérales, il y a de minuscules os appelé les "cornets du nez". L'ensemble est tapissé d'une muqueuse humide et chaude.

   L'air qui circule dans cette zone va ainsi cheminer non en ligne directe, mais sera animé de turbulences ; ce qui contribuera à le réchauffer et à l'humidifier.

   De nombreux poils appelés "vibrisses" garnissent cette muqueuse interne.

   Leur rôle est de retenir les poussières, et ainsi purifier l'air avant son entrée dans les poumons.

   La muqueuse nasale joue aussi un rôle sensoriel et contient les terminaisons du nerf olfactif. Ainsi l'odorat va permettre de contrôler la qualité de l'air inspiré, et éviter ou réduire l'ingestion d'un air vicié et pollué.  

   La muqueuse contient des cellules qui secrètent un mucus collant contenant une enzyme antibactérienne.    

   La mobilité des parois du nez fait que le calibre nasal se met constamment en harmonie avec la capacité du soufflet thoracique.

   La morphologie des fosses nasales va imprimer forme, direction, volume et vélocité à l'air inspiré, ce qui va avoir un effet immédiat sur les échanges gazeux, sur la circulation sanguine, sur l'équilibre structurel des différents systèmes de notre corps.

   Respirer par le nez apporte 10 à 15% d'oxygène en plus dans le sang.

   L'oxyde nitrique (NO), ou monoxyde d'azote est produit à partir de la décomposition enzymatique de l'arginine, un acide aminé qui contribue à la bonne santé des cellules.

   Grâce à trois chercheurs américains, prix Nobel de médecine en 1998, il a été démontré que le NO permettait de réguler la tonicité des vaisseaux sanguins. Une production continue de NO avait lieu dans les parois des vaisseaux sanguins et cette minuscule molécule de gaz dilatait les vaisseaux et favorisait la circulation sanguine. Des étaudes récentes ont aussi montré que le NO intervenait dans le fonctionnement du système nerveux et pouvait aussi réduire bactéries et virus. 

   Un groupe de recherches à l'Institut Karolinska à Stockholm a étudié la fonction du NO dans le système respiratoire. Il a démontré que beaucoup de NO se formait normalement sans les sinus des humains... Les sinus sont en contact avec les narines à travers de petites ouvertures ce qui signifie que le niveau de NO dans l'air inspiré est élevé.

   Qu'est-ce que cela veut dire ? A l'inhalation le NO suit l'air dans les poumons. Comme le NO est vasodilatateur, les vaisseaux se dilatent en entrant en contact avec les vésicules pulmonaires (alvéoles), ainsi une plus grande partie du sang circulant à travers les vésicules peut recevoir ce NO.

   Il suffit de vérifier que respirer par la bouche avec du NO ajouté dans une bouteille donne le même résultat, ce qui corrobore l'idée que le NO dans l'air nasal a cet effet positif.

   Ces découvertes démontrent un nouveau principe, à savoir qu'une substance active à partir du corps lui-même, ici le NO généré dans les sinus, est transporté par l'air inhalé afin de produire un effet dans une autre partie du corps, les poumons. Ainsi le NO agit comme médiateur dans les voies respiratoires.

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   Le corps humain tire son énergie principale de l'oxygène inhalée, on l'aura compris. Mais que se passe-t-il dès que nous abordons l"expérience du yoga ? Ce dernier nous propose de prendre conscience de notre souffle, du mouvement du souffle dans nos narines, et cela nous place déjà dans une qualité d'attention qui est un premier pas vers l'intériorité.

   Nous pouvons bien sûr avoir conscience de la respiration buccale, mais sans possibilité de nuancer autre chose que l'accélération ou le ralentissement du débit avec finesse... On ne pourra pas mettre en place l'exoérience de jeux respiratoires plus ou moins complexes ayant un impact profond sur les énergies et sur le mental.

   La science du yoga a compris le lien absolu qu'il y a entre le souffle et le mental.

   Au coeur de tout ce que propose le yoga, que ce soit, des situations dynamiques ou statiques, nous sommes invités à garder un souffle naturel, c'est-à-dire par le nez.

   En ramenant le souffle à un rythme normal, cela tendra à supprimer tout désordre émotionnel. Notre langage intérieur, qu'il soit hypertrophié ou relativement paisible, va s'apaiser. Un espace de silence peut alors s'ouvrir. Et c'est dans cet espace, que la posture pourra laisser rayonner ses résonances.

   Le souffle par le nez va nous obliger à tout expérimenter en restant dans l'intériorité, donc à tout intégrer. Les postures seront alors autant de situations acceptées (facilement ou difficilement, mais acceptées).

   Et en nous ouvrant aux résonances profondes de chacunes de ces mises en forme, nous seront alors dans la totalité de nous-mêmes, sans résistance, sans à priori, sans d'autre objectif que celui de l'immédiat plaisir de l'expérience et de la découverte de toutes nos composantes et de toute nos richesses...

   Comme l'enseigne encore le yoga, ce qu'on appelle "prâna" est l'énergie de vie subtile qui imprègne et baigne tout ce qui existe.

    Notre corps est sillonné d'une infinité de veines, de tubes, de conduits, artères, capillaires, nerfs de toutes sortes, transportant air, sang, lymphe, substances nutritives diverses. Mais il est aussi traversé des pieds au sommet de la tête par une multitude de canaux subtils transportant ce fameux prâna. On appelle ces canaux des "nâdî". Et parmi ces canaux, il en est trois essentiels : ll'un appelé "sushumna, va passer à l'intérieur de la  colonne vertébrale, les autres appelés "idâ" et "pingalâ" aboutissent respectivement à la narine gauche et à la narine droite, ce qui va polariser la respiration.

   Selon le yoga, la respiration nasale stimule le centre énergétique subtile appelé "ajna-chakra" qui est près des sinus. Cet endroit très important est le point de rencontre du courant d'énergie vitale de gauche (refroidissant) et de droite (réchauffant) qui agit directement sur le système nerveux et les glandes endocrines.

   L'équilibrage profond, à la fois le physique et l'énergétique, va se faire par ces deux narines, car la respiration physique et la respiration prânique sont absolument solidaires, et toute modification de l'une va déterminer une modification de l'autre.

   Par conséquent, un savoir de plusieurs milliers d'années sur l'importance de la respiration nasale existe. la recherche depuis quelques années concernant la petite molécule NO peut peut-être contribuer à une explication scientifique.

   Pratiquer Nadî Sodhana ou la respiration alternée avec rétention du souffle consiste par exemple à l'aide du pouce de la main droite à obturer la narine droite pour inspirer par la narine gauche ; puis d'obturer la narine gauche avec le quatrième doigt et d'expirer par la narine droite avant d'inspirer par cette même narine droite. Et cette façon de faire est à répéter plusieurs fois... Ceci élève l'arrivée d'air au niveau des sinus où est généré l'oxyde nitrique. Ainsi on peut bénéficier d'une triple action du NO - l'effet dilatant et relaxant des vaisseaux -l'absorption d'oxygène dans les poumons - et l'effet bactéricide.

   La respiration nasale, qui plus est consciente, se révèle pour tout un chacun, bien portant ou souffrant, être un trésor de santé et de bien être pour le corps physique, spychique et spirituel.